Des marchés émergents trop importants pour être négligés ?

Alors que les investisseurs restent occupés à panser leurs plaies et remettent en cause leur appétit pour le risque, nous estimons que les actions émergentes sont en définitive trop importantes pour être délaissées.

Trop importants pour être négligés ? Une telle affirmation pourrait sembler incongrue aujourd’hui, compte tenu des remous observés sur les marchés financiers ces douze derniers mois, des incertitudes qui continuent d’entourer l’économie, de la volatilité qui caractérise la majorité des classes d’actifs et de l’abondance d’actifs apparemment encore bon marché à travers le monde, mais alors que les investisseurs restent occupés à panser leurs plaies et remettent en cause leur appétit pour le risque, nous estimons que les actions émergentes sont en définitive trop importantes pour être délaissées.

Compte tenu de l’évolution démographique, la contribution des marchés émergents au PIB mondial et à la croissance mondiale augmentera inévitablement. L’essor du capitalisme anglo-saxon au cours des deux derniers siècles et plus a fourni un cadre qui a permis aux tenants de ce modèle de s’arroger une part importante du PIB mondial. L’évolution récente de l’économie montre bien que les pays qui ont « adopté » le modèle capitaliste voient leur PIB par habitant se rapprocher petit à petit de celui des pays développés. Selon nous, ce sont les apports de la mondialisation qui permettent ces stratégies de « rattrapage ». Ce développement débute généralement par l’urbanisation, qui conduit à la croissance du secteur industriel et de la demande d’infrastructures pour, finalement, permettre l’augmentation des revenus et, par voie de conséquence, l’évolution des modes de consommation.

Chacun de ces phénomènes a été clairement observé au niveau des marchés en développement au cours de la dernière décennie. L’explosion des taux d’urbanisation se traduit par une demande accrue d’infrastructures et des investissements planifiés importants et exponentiels. En fait, la crise économique mondiale ne fera qu’accélérer le rythme de ces investissements. La consommation évolue également, à mesure que l’on passe naturellement d’une économie de « production » à une économie de « consommation » et que les revenus augmentent.

La part des pays émergents dans les indices boursiers internationaux reste nettement inférieure à la part qu’ils représentent en termes de PIB, de population, de consommation d’énergie, etc.. Toutefois, deux évolutions importantes indiquent que l’écart entre le poids financier des marchés émergents et leur poids économique, lequel est de plus en plus manifeste, commence déjà à se resserrer.

Sur le plan macroéconomique, l’adoption de politiques macroéconomiques plus judicieuses (réclamées par J.P. Morgan Asset Management au cours des dernières années) prévoyant notamment la rigueur budgétaire, le remplacement des objectifs de taux de change par des objectifs d’inflation et un solde extérieur excédentaire, reste non seulement d’actualité mais place les pays émergents dans une position exceptionnellement favorable dans le cycle mondial actuel.

D’un point de vue microéconomique, l’amélioration du levier opérationnel a entraîné une nette augmentation des bénéfices des entreprises émergentes, ce qui a porté leur RCP (rendement des capitaux propres) à des niveaux compétitifs à l’échelle mondiale et a hissé leur part des bénéfices d’entreprises mondiaux à des niveaux record. La crise économique provoque une correction cyclique du RCP des entreprises émergentes mais ceci s’applique également aux entreprises des marchés développés. Il est néanmoins difficile d’imaginer que l’amélioration de la discipline capitalistique qui sous-tend cette augmentation à long terme du RCP puisse s’inverser en raison du cycle actuel.

En dehors du risque de contraction marquée mais temporaire des bénéfices, il convient de considérer les risques et révélations qui se font jour au fil du cycle actuel.

Premier enseignementà tirer du cycle actuel : les économies et les actions émergentes n’ont pas échappé aux conséquences d’une crise financière généralement perçue comme prenant sa source au sein des pays développés. Les économies de toutes les régions du monde émergent ont ralenti et même si le renforcement des fondamentaux a permis de « limiter la casse » dans cette classe d’actifs, certains exemples isolés de déficience structurelle ont été mis à jour.

Le deuxième enseignement à tirer du cycle actuel porte sur la viabilité politique de la mondialisation. Les avantages à long terme de la mondialisation sont apparus durant le dernier demi-millénaire et se sont accélérés au cours des cinq dernières décennies. Cependant, du point de vue politique, le risque d’application de mesures protectionnistes aux échanges transfrontaliers et aux flux de capitaux s’est indéniablement renforcé face à la sévérité de la crise actuelle. Une rupture de l’engagement en faveur de la mondialisation constitue la menace la plus sérieuse pour la poursuite de la croissance des pays émergents. Nous partons néanmoins du principe que la crise économique actuelle, qui est la plus aigüe que l’on ait connue depuis 70 ans, se traduira tout au plus par un renversement limité des tendances à long terme à la mondialisation.

Au vu de cette combinaison de facteurs, les actions émergentes sont devenues trop importantes pour être négligées par les investisseurs axés sur le long terme. L’équipe primée en charge des marchés émergents mondiaux de J.P. Morgan Asset Management, l’une des premières sociétés ayant parié sur la classe d’actifs, est l’une des plus grandes équipes dédiées aux marchés émergents de la profession. Elle propose toute une gamme de solutions d’investissement à l’échelle mondiale et régionale permettant de profiter du potentiel d’investissement à long terme et de miser sur la reprise.

Informations importantes et profil de risque
Investir en actions expose les investisseurs aux fluctuations du marché boursier et à la performance financière des sociétés détenues en portefeuille. Les investisseurs peuvent dès lors voir la valeur de leur placement évoluer à la baisse comme à la hausse sur une base quotidienne et sont susceptibles de ne pas récupérer la totalité de leur mise de départ.